12 mai @ 18h30 – 20h00
« Qu’il soit permis de citer mes deux ouvrages consacrés à ce thème : Spoliations, déportations, résistance des Juifs à Montpellier et dans l’Hérault (1940-1944) paru en 2000, et Vichy et les Juifs. L’exemple de l’Hérault (1941-1944) publié en 2007. Les premiers réfugiés furent accueillis à Montpellier à la salle Tinel, devenue après guerre gare routière. Parmi ces réfugiés, il faut distinguer les Français des étrangers dont le sort, pour une grande partie, devait être dramatique. En été 1940, c’est l’arrivée massive de réfugiés de Belgique, de Hollande, du Luxembourg et surtout de Pologne, mais aussi d’Alsace-Lorraine et de Paris. Si l’on en croit divers témoignages, les réfugiés n’ont pas toujours été accueillis «les bras ouverts» ; néanmoins, un élan de solidarité et de soutien se produisit spontanément à l’égard de ceux qui le plus souvent manquaient de tout. Parmi toutes les personnalités juives sur lesquelles je me suis penché, que l’on retrouvera aisément dans ma petite synthèse publiée au Cerf en 2014 (dont César Uziel, président de la communauté, 1892-1983, Diane Popowski enfant cachée sortie du camp d’Agde; Nelly et Mina Seiler, fillettes belges cachées à Montpellier ; le docteur Paul ou Saul Axelrud originaire de Roumanie; le professeur André Lévy, engagé dans la Résistance; Nicole Kahn née Wertheimer; Eva Horovitz, étudiante en médecine d’origine roumaine ; Robert Krzepicki, d’origine polonaise; les professeurs Lisbonne et Elie Guenoun, et les quelques figures exemplaires non juives (Raymonde Demangel, dite « la châtelaine d’Assas ; Lucie et Georges Pascal; Pierre Jourda de la Faculté des lettres, le doyen Giraud et le professeur Antonin Balmès de la Faculté de Médecine (ces trois derniers ayant protégé leurs étudiants juifs), j’ai choisi de retenir les profils de quatre hommes valeureux de cette époque sombre : l’homme de foi Henri Schilli, rabbin; l’historien Marc Bloch; l’homme de science Georges Charpak; et l’homme de devoir Camille Ernst, secrétaire général de la Préfecture de l’Hérault. » Extrait de Michaël IANCU, Les Juifs des Terres d’Oc, Les études du CRIF, 2020.
Docteur en histoire, Michaël IANCU est directeur de l’Institut Universitaire Maïmonide – Averroès – Thomas d’Aquin et délégué régional du Comité Français pour Yad Vashem. Maître de conférences à la Faculté d’Etudes Européennes de l’Université Babes – Bolyai de Cluj en Roumanie de 2006 à 2012, chercheur associé au C.R.I.S.E.S. de l’Université Montpellier Paul Valéry, il est l’auteur de plusieurs ouvrages et articles scientifiques.
Chargé de cours à l’Université Montpellier Paul Valéry depuis 2023, il est membre du Comité scientifique des nouvelles Archives de Montpellier depuis 2024.

